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dimanche, février 07, 2010

Trois questions à ... Bernard Foccroulle

Inutile de présenter Bernard Foccroulle, organiste de renom, ancien directeur de l'Opéra Royal de la Monnaie à Bruxelles, directeur du Festival d'Aix-en-Provence, professeur d'orgue au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, et compositeur. Un artiste engagé, splendide musicien qui a accepté de répondre à nos trois petites questions.

 

 

Foccroulle.jpg

 

Vous êtes le Professeur d'Orgue au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, quels sont vos projet de pédagogue ?

Mon objectif est de former les étudiants et de les préparer à la vie professionnelle, dans toute sa diversité. Je considère que le répertoire d'orgue est l'un des plus riches et des plus complexes qui soient, et il exige une approche qui inclut une bonne connaissance des styles de composition et d'interprétation, ainsi qu'une initiation aux styles de facture d'orgue. Cela passe notamment par des voyages, des contacts avec des instruments anciens et modernes, l'écoute d'enregistrements, etc.

Cette année, la première où je donne cours au conservatoire de Bruxelles, j'accorde beaucoup d'attention à Bach, à ses prédécesseurs, ainsi qu'à la musique française du 17e siècle. Nous ferons un voyage à Alkmaar autour du 1 mai. Nous travaillons aussi d'autres répertoires, bien entendu, mais ils prendont plus d'importance à partir de l'année prochaine.
D'autre part, j'insiste beaucoup sur le fait que la musique d'orgue ne doit pas être isolée des autres courants musicaux. Il est donc essentiel de la relier à la musique vocale, à la musique de chambre, et j'encourage les organistes à pratiquer la continuo, à accompagner les chanteurs et instrumentistes, et si possble à pratiquer eux-mêmes un instrument ou le chant. La dimension vocale est à mes yeux centrale dans la pratique de l'orgue, qu'il s'agisse du répertoire polyphonique, ou des formes inspirées par le répertoire soliste. Apprendre à chanter avec son instrument reste l'alpha et l'oméga de l'organiste.
Au-delà de cela, j'espère ouvrir les étudiants sur la vie culturelle au sens large, et développer ainsi la conscience d'être un "acteur" culturel au sens plein du terme.



Que pensez-vous du mouvement qui s'est installé à Liège autour des orgues par la création du collectif "Liège Les Orgues" ?

Je me réjouis de cette dynamique nouvelle, et j'espère qu'elle contribuera à élargir le public, à encourager les organistes et à renforcer l'intérêt pour l'orgue en région liégeoise. Celle-ci a un riche passé organologique, un magnifique patrimoine couvrant plusieurs siècles, et il serait formidable que l'orgue contribue au renouveau culturel dont Liège et sa région ont besoin. J'espère aussi que la cathédrale pourra se doter d'un instrument de grande qualité, à l'image des cathédrales d'Anvers et de Bruxelles.


Une anecdote liée à votre intégrale Bach qui a été récemment rééditée ?

En 1985, j'ai enregistré l'Orgelbüchlein à Muri, en Suisse. Une première frayeur s'est produite lorsque par inadvertance, Andreas Glatt, le preneur de son, a laissé tomber une des cassettes dans la cuvette d'une toilette... Il a heureusement réussi à la récupérer sans dommage et, passé le premier instant de panique, nous a informés de cette mésaventure après avoir vérifié que tout était OK.

Mais de retour en Belgique, je me suis rendu compte que j'avais oublié d'enregistrer un choral. Difficile de retourner là-bas pour un seul choral! Alors je vous laisse chercher de quel choral il s'agit, et sur quel orgue à Bruxelles je l'ai enregistré... Trois ans plus tard, nous y sommes retournés pour un autre CD, et là je crois avoir ré-enregistré le dit choral à Muri. Mais je n'en suis pas certain à 100%...